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  • rissecorinne

Tous des super heros

Dernière mise à jour : 15 févr.


Dans un précédent article, je nous proposais collectivement de nourrir le sentiment de fraternité sur l'année 2022. Puisqu'il est encore temps de formuler des voeux, j'aimerais également nous souhaiter d'oser être les super-héros de nos vies. Ca peut sembler un peu "tarte à la crème", mais il me semble que le symbole mérite qu'on s'y penche de plus près.


Quand on essaie d'identifier ce qui distingue les super-héros des gens "ordinaires", ce qui vient à l'esprit comme une évidence c'est que les super-héros n'ont pas peur.

Ils ont confiance en leur force, en leurs pouvoirs, et leur absence de peur leur permet d'agir, d'être à leur place, d'assumer pleinement leur rôle de super-héros.


Ils osent prendre des risques, ils ne sont parfois même pas conscients qu'ils en prennent.

Ils agissent, sans se poser de questions. Ils n'essaient pas de contrôler tout ce qui pourrait se passer, ni d'anticiper tous les risques. On n'imaginerait pas par exemple un super-héros porter un casque de protection sur la tête (bon, sauf Captain America, mais c'est plus pour le style que pour la protection ;) ).


Dans la société dans laquelle nous vivons, où la sécurité et la maîtrise de tous les risques sont devenus des fins en soi, oser dire que le contrôle comme solution à tout n'est peut-être pas si souhaitable (ni même réaliste!) est quasiment un sacrilège. Cependant je me demande si la question ne vaut pas la peine d'être posée...


Alors soyons clair dès le départ : je ne dis pas qu'il ne faut rien mettre en place pour prévenir certains risques, je dis juste qu'il y a peut-être un équilibre à trouver entre l'acceptation du chaos de la vie auquel on ne peut rien faire, et la croyance que l'on peut tout maitriser.


A titre d'exemple, cela fait des années que je peste contre l'alarme de ma voiture qui se met en route dès que je tarde à attacher ma ceinture. Or il me semble que c'est symptomatique de notre société de plus en plus marquée à la fois par la maitrise du risque et la déresponsabilisation individuelle...


A peine nés, les enfants sont préparés à vivre de cette façon puisqu'au lieu de leur enseigner à correctement se nourrir et à être responsable d'eux-mêmes on leur assène des messages tout faits en boucle "Evite de manger tros gras, trop salé, trop sucré", "mange 5 fruits et légumes par jour"... le summum ayant été atteint dernièrement avec l'ajout d'un "Pense à boire de l'eau" entre deux dessins animés.


Est-ce vraiment comme cela que nous avons envie de leur apprendre à vivre? Pour les préparer au monde de demain, je serais plutôt tentée de leur donner les clés leur permettant d'être responsable d'eux-mêmes, adaptables, audacieux, plutôt que de leur apprendre à déléguer leur responsabilité individuelle et à n'oser prendre aucun risque.


Tout est tellement baqué, cadré, normé que nous n'avons plus réellement besoin de réfléchir par nous-mêmes, seulement à vivre dans le cadre préparé pour nous. Mais du coup... nous n'osons plus en sortir, ni physiquement, ni intellectuellement. Si l'objectif numéro 1 devient la sécurité, toute prise de risque est bannie. Or la prise de risque n'est-elle pas inhérente à la vie?


Dernièrement je me demandais comment nous pourrions définir l'existence, quel serait le sens du mot "vivre". Dans le dictionnaire on trouve les définitions suivantes : "Se développer, respirer, grandir, pour un organisme biologique."

Vous remarquerez que la mention "se développer" apparait en premier et je pense en effet qu'elle est essentielle. Or comment continuer à se développer si nous restons toujours dans le cadre, si nous n'osons pas prendre de risques?


N'avez-vous jamais l'impression qu'il ne se passe rien dans votre vie? Qu'à force de tout contrôler/ tout maîtriser plus rien n'y vit?


Dernièrement j'ai tenté une expérience. Je devais me rendre près d'Angers, pour passer quelques jours à Center Parc avec des amis. J'avais besoin de réaliser un test antigénique et ma pharmacie habituelle était débordée. Plutôt que d'en chercher une autre sur mon téléphone et de suivre le GPS comme je l'aurais fait habituellement, j'ai décidé de me laisser porter par mon intuition.

Bon, je me suis vite rendu compte que mon intuition était toute cassée : j'ai perdu un temps infini à sortir de l'autoroute au hasard pour passer devant des pharmacies bondées, j'ai dû adapter 36 fois mon plan pour la journée... Proche d'arriver sans avoir trouvé une pharmacie j'ai fini par craquer et appeler quelques pharmacies dans les alentours. Après quelques déconvenues j'ai fini par trouver une pharmacie déserte avec un personnel sympa et serviable. Je pensais finir mon trajet tranquillement mais j'avais tellement fait de kilomètres en trop, avec l'esprit préoccupé, que je n'ai pas vu que je n'avais plus d'essence... et je suis tombée en panne (à 4 minutes de l'arrivée). S'en est suivi un appel à l'aide à une amie déjà arrivée sur place, une attente d'une heure dans la voiture, un aller-retour à la station la plus proche, le stress d'imaginer que la voiture n'allait peut-être pas redémarrer... et puis tout s'est finalement bien fini.


Et c'est bizarre parce qu'à la fin de la journée... j'avais l'impression d'avoir vécu une aventure! Vous imaginez?? On en est là!!

On est tellement habitué à ce que tout soit maîtrisé, réglé au cordeau, à ce que la technologie prévoit et anticipe tout pour nous qu'il n'y a quasiment plus d'imprévu dans nos vies, qu'on en arrive à considérer une panne comme une aventure!! Et une aventure apprenante en plus! Car oui, à la fin de la journée, j'avais le sentiment d'avoir appris des choses : j'ai accepté de lâcher et d'être en retard sur mon timing initial sans en faire un drame, j'ai adapté mon programme au fur et à mesure de la journée, j'ai osé demandé de l'aide... bref, j'ai accepté de faire confiance et de ne pas tout maitriser.


Je suis loin de prendre les risques que prennent les super-héros hein! Très très loin!! Mais pourquoi pas essayer de reprendre les rennes de notre vie en commençant par oser reprendre quelques risques, pas à pas?


Pour en revenir aux super-héros justement, il y a autre chose qui me marquent chez eux, une spécificité dont les bases sont nourries par leur confiance, par leur absence de peur et leur capacité à prendre des risques, mais aussi probablement par leur connaissance d'eux-mêmes : c'est leur capacité d'engagement. Ils s'engagent complètement dans leur mission, ils vivent pour cela, ils savent ce pour quoi ils sont fait et s'y dédient à 100%.


Il existe dans notre monde des personnes qui ont cette capacité-là, cette capacité à savoir ce pour quoi elles sont faites et qui s'y consacrent complètement. Et, Ô miracle, elles dépassent les peurs et les risques, elles agissent, elles se sentent à leur place, elles sont utiles : elles sont inspirées et inspirantes.


J'ai récemment vu un reportage d'Arte sur l'un de ces héros du quotidien (Retour à l'âge de glace - L'hypothèse de Zimov - Regarder le documentaire complet | ARTE), un homme vivant en Sibérie qui s'engage depuis 30 ans face au dérèglement climatique : son crédo, auquel il consacre sa vie, c'est de réintroduire des grands mammifères en Sibérie afin qu'ils tassent la neige en la piétinant, permettant ainsi de contrer le dégel du permafrost. Son engagement, entrainant toute sa famille dans son scillon, est véritablement inspirant.


Et si nous étions tous capables de trouver notre voie et notre utilité en ce monde comme lui les a trouvées ?


Je suis convaincue que nous avons tous des talents à apporter au monde, qui seraient utiles et qui nous permettraient en plus de nous épanouir, de nous sentir vivants! Mais pour pouvoir atteindre cela, il faut oser prendre des risques, oser lâcher le connu, oser remettre en question l'existant en soi et autour de soi.


La période que nous vivons s'y prête. Elle nous engage à bouger, à oser. J'ai toujours pensé que la vie était mouvement, y compris en nous.

J'ai entendu il y a quelques temps que l'Homme n'était pas fait pour être sédentaire. Je crois que c'est très vrai, même si le mouvement n'a pas forcément à être géographique : l'être humain est fait pour évoluer, pour avancer (on retrouve la notion de "développement" mentionnée par le dico). S'il ne le fait pas j'ai la croyance que tôt ou tard la vie viendra le faire bouger.


Serguei Zimov, le super-héros sibérien, dit quelque chose à ce propos, à la fin du reportage: "J'espère qu'il y a assez de gens pour nager à contre-courant. Je parle à ceux qui peuvent nager de toutes leurs forces. Peut-être ne le savent-ils pas encore. Mais tôt ou tard le fleuve de la vie viendra les chercher. Soit il les emportera dans l'oubli, soit ils se mettront à nager."


J'ai cette croyance que c'est dans les épreuves ou dans les contraintes que l'on grandit. Comme un personnage le dit dans le film Au-delà de nos rêves, "parfois quand on perd, on gagne".


Alors pour 2022 je nous souhaite d'oser prendre des risques, d'oser lâcher-prise, de chercher et trouver ce qui a du sens pour nous, ce qui nous fait sentir vivant et à notre place, et d'oser rebondir sur nos épreuves pour grandir et faire grandir le monde.



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