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  • rissecorinne

Juste avec soi, juste avec les autres



Dernièrement je me suis rendue compte que je suis rarement dans une posture de justesse avec moi-même : à mon sens, être juste avec soi-même c'est savoir s'écouter, respecter ses ressentis et les partager, notamment en osant dire non quand c'est non.


Or il me semble que nous sommes nombreux à ne pas nous écouter suffisamment, à ne pas oser dire non, à nous forcer, imaginant que c'est ce qui est attendu de nous, pour faire plaisir, parce que l'on a peur du conflit ou parce qu'on s'imagine que l'on a pas le choix.


Résultat nous nous retrouvons très souvent soit dans l'effort, en nous contraignant à faire ce que nous n'avons pas vraiment envie de faire, soit dans un relâchement total compensatoire (pouvant se matérialiser par du repos -les vacances quoi- ou par une explosion d'émotions). Avec le temps nous pouvons développer une forme de rancoeur, de vague tristesse ou de colère, certains d'entre nous deviennent amers et sarcastiques. D'autres explosent de colère de temps en temps, de plus en plus souvent, d'autres finissent en burn-out.


Il me semble que notre modèle de société tout entier s'appuie sur cette distorsion : on travaille comme des fous une bonne partie de l'année, c'est difficile, on souffre, on se fait violence, et pour compenser on se paie des loisirs et des vacances qui doivent être à la hauteur de la souffrance accumulée. Alors on part au bout du monde s'étaler sur une plage et pioncer toute la journée au soleil.


Je nous vois comme étant en permanence sur une balance déséquilibrée : soit du côté de la souffrance, soit du côté du plaisir compensatoire ;

Rarement en équilibre, au milieu, dans une joie et une paix quotidienne, dans le respect et la réalisation de soi.


Alors je vous vois venir, j'entends déjà certains dire "c'est bien joli tout ça, mais il faut bien gagner sa vie! C'est de l'utopie tout ça. On a pas le choix."


Et si...? Et si on pouvait essayer autre chose ? Et si on commencait à s'observer, à mesurer notre niveau de stress/ de tension/ de colère pour évaluer la situation? Et si on prenait un peu de recul pour imaginer un autre mode de vie?


Et si.... et si être juste avec soi pouvait conduire à être plus juste avec les autres et avec la Planète?


Si nous n'étions pas sans arrêt dans cette polarité souffrance/ plaisir n'aurions-nous des relations plus saines et durables avec les autres? Car il ne faut pas se leurrer, lorsque nous nous forçons, lorsque nous ne nous écoutons pas, nous emmagasinons une émotion négative qui ressortira tôt ou tard et dont les autres pourront pâtir.


Si nous n'étions pas sans arrêt dans un déni de nous-mêmes n'aurions-nous pas moins besoin de compenser à travers des vacances à l'autre bout du monde et un nouveau téléphone?


Et si la justesse pouvait être un moyen de faire face aux problématiques environnementales et sociales? Je ne parle pas de retourner à l'âge de pierre, je ne sais même pas si je parlerais de sobriété, non : de justesse. Etre à la place qui nous convient, sans se forcer en permanence, avoir ce dont nous avons besoin sans le superflu compensatoire, être dans le plaisir de la réalisation de soi, du rapport sain et juste avec les autres.... de l'utopie?


Et si...?





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